Journée mondiale de la conservation : Restaurer la nature pour bâtir la résilience, la coopération et une paix durable

Le monde est actuellement confronté à la convergence et à l'aggravation des crises du changement climatique, de la perte de biodiversité et de la dégradation des sols. Parallèlement, les conflits se multiplient à l'échelle mondiale, avec 65 conflits actifs recensés dans 35 pays en 2025. nombre le plus élevé enregistré depuis 1946. Ces crises environnementales et ces conflits sont profondément interdépendants, formant un cercle vicieux qui exacerbe les vulnérabilités et les inégalités existantes. Le changement climatique peut amplifier les menaces, intensifiant la concurrence pour les ressources naturelles rares, perturbant les moyens de subsistance et provoquant des migrations, ce qui accroît en fin de compte le risque de conflit. À leur tour, les conflits et l'instabilité peuvent gravement entraver les efforts de conservation et fragiliser la résilience des écosystèmes, aggravant ainsi les vulnérabilités climatiques.
Dans ce contexte, le Fonds mondial pour l’adaptation fondée sur les écosystèmes (AFE) soutient des projets catalyseurs, innovants et inclusifs visant à créer un environnement favorable à la mise en œuvre de l’AFE, en tirant parti du pouvoir de la nature pour renforcer la résilience face aux changements climatiques et en offrant une occasion unique de relever ces défis interdépendants de manière holistique. Grâce à la gestion durable, la conservation et la restauration des écosystèmes, l’AFE réduit non seulement les risques climatiques, mais renforce également les liens entre résilience climatique et cohésion sociale grâce à une gouvernance et une utilisation inclusives et participatives des ressources naturelles, éclairées par des approches de consolidation de la paix environnementale et une conception de projets sensible au genre et aux conflits. Ce faisant, les solutions fondées sur la nature (SFN), telles que l’AFE, peuvent contribuer à une adaptation plus efficace au changement climatique. promouvoir davantage de paix, générant des avantages tant pour les populations que pour la nature grâce à la préservation des services écosystémiques qui sous-tendent le bien-être à long terme, le développement durable et la capacité d'adaptation.

© Les Amis de la Nature – Session de partage de connaissances et d'échanges entre les partenaires libanais et jordaniens au NCRD
Liban, Jordanie et Syrie
Les Amis de la Nature (AON), en partenariat avec Centre national de recherche et de développement (NCRD) et le Société syrienne pour la conservation de la faune sauvage (SSCW), Cette étude a démontré comment l'agriculture écosystémique peut renforcer simultanément la résilience climatique et la cohésion sociale en s'attaquant aux pressions sous-jacentes sur les ressources qui contribuent souvent aux tensions locales. Grâce à des approches agricoles écosystémiques telles que l'agroforesterie, les agriculteurs ont réduit leur dépendance à l'égard de ressources en eau de plus en plus rares et contestées en améliorant la rétention d'humidité des sols, en renforçant la biodiversité et en augmentant la résilience des systèmes agricoles face à la sécheresse et à la hausse des températures. Ces mesures ont contribué à réduire la concurrence pour les ressources naturelles tout en soutenant des moyens de subsistance plus durables pour les communautés rurales vulnérables. Parallèlement, projet Une approche tenant compte des questions de genre et des conflits a été mise en œuvre, impliquant les femmes, les petits exploitants agricoles, les autorités locales, les coopératives, les ONG et les leaders communautaires afin de garantir un accès équitable aux opportunités et d'éviter de renforcer les inégalités existantes. La collaboration régionale entre les communautés du Liban, de Jordanie et de Syrie a favorisé l'échange de connaissances, la résolution collective des problèmes et la gestion partagée des ressources naturelles, contribuant ainsi à instaurer la confiance malgré de profondes divisions politiques et sociales.
© Yayasan Plan International Indonesia – Plantation de mangroves en Indonésie
Indonésie
Le Projet PANTAI (Pengelolaan Adaptasi untuk Tata Kelola Integratif), mis en œuvre par Yayasan Plan International Indonésie, en partenariat avec Yayasan Bina Sejahtera Baru, Ce projet démontre comment l'adaptation fondée sur les écosystèmes (AFE) peut soutenir la revitalisation du système traditionnel de conservation marine de Muro, axé sur la restauration et la gestion durable des écosystèmes, tout en prévenant la surexploitation et en générant des bénéfices pour la biodiversité, l'adaptation au changement climatique et le bien-être social. Plutôt que de considérer les jeunes et les femmes comme de simples bénéficiaires, le projet les positionne comme des acteurs clés et des décideurs au sein des structures de gouvernance coutumières. Les jeunes représentent ainsi 431 % des membres du comité de Muro et jouent un rôle central dans le suivi de la conservation, le respect des normes et l'innovation. À travers des initiatives menées par les jeunes, telles que… Laboratoire de la mangrove, Pondok Perubahan Grâce à une plateforme de partage de connaissances numériques et au soutien d'entreprises locales soucieuses de l'environnement, le projet relie les savoirs écologiques traditionnels à l'action climatique, à l'innovation numérique et aux moyens de subsistance durables. Le système de gouvernance participative de Muro, fondé sur le droit coutumier et le partage intergénérationnel des connaissances, crée des espaces inclusifs de dialogue, de prise de décision collective et de résolution des conflits. Cette expérience souligne que l'adaptation efficace au changement climatique n'est pas uniquement un défi technique ; c'est aussi un processus social qui peut renforcer la confiance, la coopération et la stabilité lorsqu'il est ancré dans la culture locale, le leadership des jeunes, l'égalité des genres et des liens étroits entre les systèmes de gouvernance coutumière et formelle. En restaurant les mangroves, en promouvant une gestion durable des pêcheries et en renforçant la responsabilité communautaire, le projet accroît la capacité des communautés côtières à s'adapter aux risques liés au climat, tels que l'érosion côtière, les vagues de chaleur et la raréfaction des ressources marines.
© Wildfowl & Wetlands Trust – Restauration des marais du lac Sofia
Madagascar
Le Wildfowl & Wetlands Trust démontre comment l'adaptation fondée sur les écosystèmes (AFE) menée par les communautés peut renforcer la résilience climatique tout en consolidant la gouvernance inclusive et l'action collective. En octroyant des subventions directes et à petite échelle aux groupes communautaires de gestion des zones humides (GGO), associées à du mentorat, à l'apprentissage entre pairs et au renforcement des capacités, initiative Ce projet a permis aux communautés d'identifier les menaces climatiques et écosystémiques, de définir leurs priorités et de mettre en œuvre des solutions adaptées au contexte local. L'accent mis sur des approches sensibles au genre et à la gestion des conflits – notamment en donnant la parole aux femmes, aux jeunes et aux autres groupes marginalisés, en établissant des mécanismes de traitement anonyme des griefs et en appliquant des garanties environnementales et sociales – a renforcé la confiance, la responsabilisation et la prévention des conflits. Parallèlement, le soutien apporté aux activités de restauration des zones humides et aux moyens de subsistance alternatifs réduisant la pression sur les ressources naturelles a amélioré la durabilité environnementale tout en générant des avantages socio-économiques concrets. Des activités collectives telles que le reboisement et les évaluations participatives ont renforcé l'appropriation, la coopération et la prise de décision partagée par les communautés. En combinant le développement de compétences pratiques, l'apprentissage entre pairs, l'accès aux ressources et des structures de gouvernance plus inclusives, le projet a renforcé les capacités locales non seulement pour pérenniser les interventions d'adaptation fondée sur les écosystèmes, mais aussi pour favoriser des liens sociaux plus solides, une plus grande résilience et des communautés plus soudées face aux changements climatiques et environnementaux.
Perspectives d'avenir
Collectivement, ces projets démontrent que l’adaptation fondée sur les écosystèmes (AFE) peut faire bien plus qu’aider les communautés à s’adapter au changement climatique : elle peut aussi contribuer à la consolidation de la paix et au renforcement de la cohésion sociale. En réduisant la pression sur les ressources naturelles, en renforçant les moyens de subsistance durables, en promouvant une gouvernance inclusive et participative et en veillant à ce que les femmes, les jeunes et les groupes marginalisés aient une voix significative dans la prise de décision, les projets du Fonds mondial pour l’AFE contribuent à s’attaquer à certaines des causes profondes de la vulnérabilité et des conflits. Qu’il s’agisse de favoriser la collaboration transfrontalière, de revitaliser les systèmes de gouvernance coutumière ou de donner aux communautés les moyens de restaurer et de gérer leurs écosystèmes tout en préservant leurs moyens de subsistance locaux, ces initiatives montrent qu’investir dans la nature, c’est aussi investir dans la confiance, la coopération et la stabilité. Face à la convergence croissante des risques climatiques et des conflits, l’AFE offre une voie prometteuse pour bâtir des écosystèmes plus sains, des communautés plus résilientes et des sociétés plus pacifiques.